PSG : Illia Zabarnyi, joueur ukrainien engagé entre solidarité et réseaux sociaux

Ayant grandi à Kiev, Illia Zabarnyi a été confronté très jeune aux conséquences des conflits qui secouent l’Ukraine. Lors de l’annexion de la Crimée, il s’interrogeait déjà sur la présence soudaine d’enfants venus de Donetsk dans son école. Mais c’est en 2022, à l’âge de 19 ans, que la guerre prend pour lui tout son sens, alors qu’il est en pleine maturité pour saisir la gravité de la situation. « J’ai pensé à retourner me battre. » confiait-il au Times en mars 2024, traduisant ainsi la profondeur de son engagement.
Depuis ses débuts au Dynamo Kiev jusqu’à son passage à Bournemouth, puis son arrivée au PSG, Zabarnyi n’a jamais cessé de porter le drapeau ukrainien dans son cœur. Son patriotisme, souligné par Anatolii Volk, vice-CEO du Dynamo, se manifeste autant sur le terrain qu’en dehors. Il multiplie les dons et les actions caritatives, conscient d’incarner la voix d’un peuple meurtri. « Des gens sont morts, mon peuple, tous les jours. Je sais ce qu’on ressent lorsqu’on doit se rendre dans une zone sécurisée. Je sais combien les gens ont peur. » Ces mots témoignent de la réalité quotidienne qu’il n’oublie jamais, même loin de son pays.
L’adaptation à la Premier League n’a pas été sans difficultés pour le défenseur. Dango Ouattara, son ancien coéquipier à Bournemouth, se souvient d’une intégration compliquée, aggravée par une blessure dès son arrivée. Thiago Pinto, directeur des opérations football du club anglais, résume la situation :
« Cela fait partie de la vie personnelle mais c’est normal d’être très inquiet pour son pays et ses habitants. Illia lutte contre la guerre. »
Ce vécu rappelle celui d’autres joueurs marqués par les conflits, comme Henrikh Mkhitaryan à Rome.
Sur les réseaux sociaux, Zabarnyi affiche sans détour son attachement à l’Ukraine. Sa photo de profil Instagram le montre en sélection, main sur le cœur, drapé du drapeau national. Deux sections y sont mises en avant : « War », qui rassemble articles et images sur le conflit, et « My Love », dédié à sa femme Angelina Zabarnaya. Le 24 août, il publiait à l’occasion de la fête de l’indépendance :
« L’indépendance n’est pas qu’un mot de l’histoire. C’est la lutte quotidienne, la force et la foi de millions de cœurs. Merci à chaque héros qui se bat pour notre paix et notre liberté. J’aime infiniment l’Ukraine pour ses gens, ses chansons, sa langue, son esprit et sa résilience. »
Arrivé récemment au PSG, Zabarnyi s’est montré discret sur la question de la guerre, préférant s’adapter à son nouvel environnement. Pourtant, lorsqu’il s’exprime, il ne laisse place à aucune ambiguïté. Interrogé par l’émission « Football 360 », il affirme :
« Ma position civique est claire : mon pays est en guerre totale depuis quatre ans. Les Russes sont des agresseurs qui tentent, en vain, de détruire la liberté et l’indépendance de l’Ukraine. La guerre continue. Je n’ai aucune relation avec aucun Russe. (…) Tant que la guerre continue, je soutiens pleinement l’isolement total du football russe à l’échelle mondiale. »
Au sein du vestiaire parisien, le sujet reste peu abordé, Zabarnyi cherchant avant tout à s’intégrer à la vie du club. Mais à l’approche du match contre la France pour les qualifications de la Coupe du monde 2026, il s’apprête à retrouver certains de ses coéquipiers parisiens sous un autre maillot. Cette fois, son engagement pour l’Ukraine sera pleinement assumé, sur et en dehors du terrain.